Jean-Claude DANA

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État de veille (2003)

Extrait : A propos de psys

- Je plaisantais, ma chérie, soltanto per scherzare… Et, au fait, est-ce que j’ai une profession ? Toujours kiné ?
- Non, Angelo, tu n’est plus kiné. Du moins tu le resteras, mais tu n’auras qu’une seule patiente dorénavant, une patiente très exigeante, moi.
- Alors, je suis censé faire quoi dans la vie ?
- Psychotérapeute.
- Quoi ? Psychotérapeute ? Pourquoi pas psychanalyste pendant que tu y étais ?
- Si tu veux, pourquoi pas ? De toute façon, à part psychiatre qui est une appellation d’origine contrôlée, une spécialité médicale, tout le reste nage dans un tel flou que ni les pratiquants, ni leurs patients ne s’y retrouvent.
- Oui, je sais. C’est la bouteille à encre, psychanalyste, psychotechnicien, psychotérapeute, psychopédagogue, psychologue, psychosociologue, psychomaticien, c’est vraiment comme à la Samaritaine, on y trouve de tout… En tous cas, d’accord pour cette profession ridicule. D’ailleurs, c’est un peu vraiment mon nouveau métier. Sauf qu’au lieu de réparer les esprits qui ont un réel vice de forme, je les renvoie pour révision directement au fabricant. Au fait, est-ce que cette couverture est complète ?
- Elle l’est. Tu as un cabinet à Vérone et même déjà des patients satisfaits… que je te présenterai à l’occasion.
- Génial ! Et juste pour info, qu’est-ce que je fais si je tombe sur un vrai psy qui me cuisine ?
- Un vrai psy ? Cet accolement de termes est déjà en lui-même une antinomie. Cela étant, si tu te trouves dans une telle situation, tu réponds à ses questions par d’autres questions, tu lui dis que tu as fait une analyse pendant quinze ans c’est mieux que dix, la dose classique et comme ces types sont tous narcissiques, il finira par te parler de lui. Pour finir, si tu veux vraiment être tranquille, demande-lui s’il est freudien ou lacanien et là, tu ne l’arrêteras plus…
- Tu sais, Sandra, que tu es vraiment une femme remarquable. Tiens, il me revient en mémoire cette réflexion attribuée à ce cher Sigmund. Il aurait dit « Voilà trente ans que je psychanalyse des femmes et je me pose encore et toujours la même question : que veulent-elles au juste ? »
- Oh, moi, ce que je veux, mon ange, c’est tout simple. Rien que trois petites choses…
- Lesquelles ?
- Toi, toi et toi, c’est tout.
- C’est vrai que c’est simple, Sandra. Bon Dieu, ce pauvre Freud ne comprenait décidément rien aux femmes. Il n’a même pas pu liquider son propre complexe d’Œdipe !
- Tu sais, s’il a passé sa vie à parler de la chose au lieu de la faire, c'est qu'il n'était pas un campione in amore. C’était, comment vous dites en France ? Un mal baciato, un mal baisé..