Jean-Claude DANA

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Le questionnaire de Proust
de Jean-Claude DANA


Le principal trait de votre caractère ?

La sincérité. Le sens de l'humour aussi. Ma sincérité me pousse en permanence vers une quête incessante de la vérité ce qui, semble-t-il, dérange certains. Chercher la vérité et surtout la trouver est une entreprise qui n'est pas sans danger, en raison des inévitables retours de flamme.

Et votre principal défaut ?

L'impatience. Je tente de la contenir, mais rarement avec succès. J'aime que les choses aillent vite, je trouve que la vie n'est pas si longue que ça. Mon deuxième principal défaut, c'est un évident manque de diplomatie qui est la conséquence de mon goût pour la sincérité et de mon aversion pour les faux- semblants.

La qualité que vous préférez chez un homme ?

Le courage avant tout : le courage d'être sincère, d'être honnête et de garder sa dignité quelles que soient les circonstances, le courage de connaître la peur, de la reconnaître, et de l'affronter en tentant de la vaincre.

Et chez une femme ?

Le courage aussi, bien sûr, d'assumer une vraie féminité, sans minauderie ni affectation, ce qui implique beauté, charme, intelligence, intuition et... humour. J'ai énormément de respect pour les femmes, aussi les féministes souvent plus enragées qu'engagées m'exaspèrent, comme elles exaspèrent d'ailleurs la plupart des hommes... qui, s'ils ne le disent pas tout haut, n'en pensent pas moins !

Le bonheur parfait selon vous ?

Se retrouver chez soi, entouré des siens, au calme, à la fin d'une journée où tout ce qui devait être fait a été accompli et bien accompli.

A quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux ?

A mon deuxième mariage, en 1996, mariage parfaitement organisé en quelques jours seulement et que j'ai offert à ma femme... presque par surprise.

Votre dernier fou rire ?

Le dernier ? Je ne sais pas. Par contre j'ai le souvenir d'un fou rire homérique lorsque j'étais lycéen, autrefois à Tunis. J'étais venu présenter mes condoléances à la famille de l'un de mes amis, juif comme moi, après le décès prématuré de son père et dans une salle, se tenaient des pleureuses. Je n'en avais encore jamais rencontrées et devant le spectacle de ces professionnelles du deuil qui se lamentaient avec conviction et sans aucune retenue, un regard échangé avec mon copain nous a conduits à la catastrophe ! Un fou rire inextinguible nous a envahis, au point que les anciens nous ont sévèrement éconduits et que dehors, il nous a fallu près d'une demi-heure pour pouvoir nous arrêter.

Et la dernière fois que vous avez pleuré ?

Après l'assassinat d'Itzhak Rabin en 1995. Je dois préciser : ces larmes n'étaient pas le reflet d'une véritable peine puisque je ne le connaissais pas, mais cet événement a été paradoxalement pour moi libérateur, jouant le rôle d'une catharsis à l'origine de ma nouvelle vision de ma judéité et de ma conception d'Israël.

J'ai pleuré parce que je me suis enfin rendu compte que naître juif, c'était, pour beaucoup de juifs et non des moindres intellectuellement, comme avoir signé, à l'insu de son plein gré, un pacte de non-dit, une sorte d'omerta sur tout ce qui touche aux juifs et à ce que l'on appelle la judéité, mais que j'ai baptisé « juivisme », un néologisme qui représente la manière dont vivent la plupart des juifs communautaristes : même s'ils ne mangent pas strictement cacher, ils ne fréquentent que des juifs, que des lieux ou des restaurants tenus par des juifs et s'intéressent prioritairement aux informations en provenance d'Israël, pays où ils vont d'ailleurs en vacances la plupart du temps. J'ai compris alors qu'il ne s'agissait que d'une énorme imposture.

La deuxième imposture, c'est de dire et répéter de manière obsessionnelle qu'Israël est le pays des juifs et ce, sur fond d'une justification à base de shoah : c'est pour moi faux et je considérerais Israël comme un pays étranger, à l'instar de tant d'autres, si je ne conservais pas un attachement affectif pour la partie importante de ma famille qui a choisi de vivre là-bas, religieusement, dans des conditions d'un obscurantisme d'un autre âge. Principalement ma sœur et mon frère jumeaux, plus jeunes que moi, et qui ne m'adressent plus la parole suite à la publication de mon premier ouvrage, « Le Juif Albinos ».

Le « juivisme » détruisant les liens du sang, le sens de la famille, détruisant même l'amour, c'est énorme, non ?

La figure historique que vous admirez le plus ?

Aucune. Je n'ai absolument pas l'esprit « fan » et j'avoue humblement avoir peu d'admiration pour les grands personnages historiques. Le caractère de leurs éventuelles actions exemplaires m'intéresse, mais les hommes eux-mêmes... « Quel que soit le trône sur lequel on est assis, on n'y est jamais posé que sur son cul » a dit fort justement Montaigne.

Votre fleur préférée ?

Le jasmin. Cette fleur blanche symbolise à la fois la pureté, mes racines et ma jeunesse. Plantée en bouquet sur l'oreille, elle était par son arôme la touche indispensable d'une belle soirée d'été à Tunis, juste après le couscous et avant le thé à la menthe, assis sur une terrasse tranquille, en face de la mer, sous le ciel étoilé.

Votre couleur préférée ?

Le bleu. Le bleu du ciel, le bleu de la Méditerranée, le bleu des portes et des barques de pêcheurs de Sidi Bou Saïd, avec même une attirance pour le bleu électrique.

Vos héros aujourd'hui ?

Je n'en ai pas. Pour moi, un héros est quelqu'un d'ordinaire qui, lors d'une situation critique et dangereuse, décide en un centième de seconde de faire ce qu'il faut, alors que les autres n'y pensent pas et même s'esquivent lâchement en regardant ailleurs.

Vos films cultes ?

Le plus surprenant ? « Pour une poignée de dollars » de Sergio Leone. Film culte à présent, mais qui à son époque n'a pas eu de succès en raison de son caractère iconoclaste. C'était la première fois qu'un héros de western était cynique, poussiéreux, mal rasé, habillé d'un poncho crasseux et, the last, but not the least, chevauchant une mule et non un fier mustang.

Le plus raffiné ?

Sans hésiter, « Le limier » de Joseph Mankiewicz, avec Michaël Caine et Laurence Olivier.

Les plus drôles ?

D'une manière générale, les films italiens des années 60 et 70, « Le pigeon » de Mario Monicelli, « Les monstres » et « Le fanfaron » de Dino Risi, « Séduite et abandonnée », de Pietro Germi, « Affreux, sales et méchants » d'Ettore Scola et aussi les films français des mêmes années, notamment lorsque Lino Ventura s'est enfin décidé à jouer dans des films comiques, « L'emmerdeur » de Molinaro et les « Tontons flingueurs » de Georges Lautner. Dans les Américains, « Les blues brothers » de John Landis. Sans compter les incontournables « Simpson », un régal !

Le plus poignant ?

Un dessin animé japonais qui arracherait des larmes à une pierre brute, « Le tombeau des lucioles » d'Isao Takahata.

La musique que vous aimez ?

Les chansons italiennes d'une manière générale, Gianni Morandi, Adriano Célentano, le blues, le jazz cool, à base de saxophone notamment, un instrument magique. Sidney Bechet jouait d'ailleurs, non pas de la clarinette, mais du saxophone soprano. J'aime aussi les grands classiques, surtout Mozart, Beethoven et Wagner.

La chanson que vous sifflez sous votre douche ?

Je ne siffle pas sous la douche, mais tous les matins je me lève avec une chanson qui me trotte dans la tête et que je fredonne parfois au cours de la journée. La plupart du temps, des airs des années soixante et soixante-dix.

Vos auteurs favoris ?

Les écrivains modernes, surtout français, m'indisposent, avec leur écriture nerveuse prétendument branchée ou encore un style trop léché. Les romans qui font la part belle à de longues descriptions statiques de paysages ou autres et qui finalement ne racontent rien ou peu de choses m'ennuient. Les anciens me rassurent et j'adore les polars et les thrillers, notamment anglo-saxons, James Hadley Chase, William Irish, Donald Westlake, Charles Williams. J'ai aussi un faible pour les San Antonio de Frédéric Dard.

Votre boisson favorite ?

Sans hésitation, l'eau, et depuis peu, celle que je recueille à une source en Lozère, tout près de ma résidence secondaire.

Que possédez-vous de plus cher ?

Ma famille, ma femme et mes quatre enfants. Nous formons ensemble un véritable noyau.

Si vous deviez changer quelque chose dans votre apparence physique ?

7 à 8 centimètres de taille en plus de mon 1m.73 me feraient plaisir et aussi ne plus être myope, ce qui peut d'ailleurs être modifié chirurgicalement, mais je n'y vois pas d'intérêt évident actuellement. Pour le reste, merci, ça va !

Que détestez-vous par-dessus tout ?

J'exècre par-dessus tout Les pédophiles, les assassins d'enfants : j'ai peine à accepter qu'ils puissent exister. Je pense que le Créateur, si Créateur il y a, ne les a créés que pour nous rappeler que l'innocence est une chose fragile et que la vigilance doit être permanente et ne s'autoriser aucune pause. Je déteste aussi les faux amis qui ne sont en réalité que des jaloux pervers qui agissent sournoisement pour vous nuire, tout en vous faisant des mamours. Et d'une manière générale, je n'aime pas les consensuels mous jouant les honorables citoyens mais qui, par leur lâcheté ou leur silence, protègent des dirigeants ou des élus incompétents et manichéens.

Votre plus grand regret ?

N'avoir pas pu faire tout ce que j'aurais voulu faire... et aussi les quelques occasions que j'ai ratées. Mais je suis injuste car j'ai tellement eu de chance avec celles que je n'ai pas ratées !

Comment aimeriez-vous mourir ?

De mon vivant, debout, les bottes aux pieds, autrement dit physiquement en pleine possession de tous mes moyens ou presque. Le plus tard possible aussi, j'ai besoin de voir mes plus jeunes enfants parvenir à l'âge adulte... et puis merde, en réalité je n'ai pas du tout envie de mourir tant j'ai envie de voir ce qui se passe, jour après jour. D'ailleurs, entre nous, je pense que je refuserai d'aller à mon enterrement, il faudra m'y traîner !

Votre devise ?

Toujours « la » garder bien haute... la tête, bien sûr, et pouvoir se raser face à son miroir sans rougir de son action de la veille, mais au contraire en en étant fier. Apprendre et savoir avec la plus parfaite objectivité et sans complaisance s'analyser soi-même et ce, en permanence, ce qui n'est pas évident, mais est pourtant si indispensable.

Et quel est l'état présent de votre esprit ?

Tenter, seconde après seconde, de réaliser que je suis pleinement heureux. Le présent n'est qu'une illusion, se transformant seconde après seconde en passé et précédant un futur qui arrive plus vite qu'on ne le pense. Repousser de mon subconscient les nuages noirs qui tentent de s'y incruster afin de me déstabiliser. Tout ce processus représente une règle non-écrite du jeu de la vie et de la survie. La moindre dérogation à cet état d'esprit positiviste conduit à l'échec et à la maladie... Le bonheur est pour certains comme la quête du Graal, une sorte de courbe asymptotique : ils passent leur temps à tenter d'atteindre l'infini dans une quête pathétique et finalement illusoire, alors que le vrai bonheur se trouve souvent là, devant eux, devant nous, tout simplement.